INFORMATIONS !

LU SUR LES SITES : AGENCE REUTERS/LES ECHOS/LE MONDE/RUE 89/COURRIER INTERNATIONAL...


...

(Reuters)

La crise creuse la dette de la France

 

par Raoul Sachs

 

PARIS (Reuters) - L'endettement de la France s'est sensiblement dégradé en fin d'année, illustrant les effets de la crise économique et financière sur les finances publiques du pays.

 

L'Insee a annoncé lundi que la dette des administrations publiques françaises, au sens du Traité de Maastricht (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales), a augmenté de 15,6 milliards d'euros au troisième trimestre 2008 pour atteindre 1.284,8 milliards - un record selon l'Institut.

 

Le ratio dette/PIB, qui s'est établi à 66,1% au 3e trimestre, a touché un plus haut depuis les 66,4% atteints fin 2004. Les pays membres de la zone euro sont en principe tenus, par le Traité de Maastricht, de limiter leur stock de dette à 60% du PIB.

 

Commentant ces chiffres, Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'emploi, et Eric Woerth, ministre du Budget et des Comptes publics, ont déclaré dans un communiqué que "les évolutions de la dette publique en cours d'année reflètent pour l'essentiel des mouvements de fonds liés à une gestion optimale de la trésorerie de l'Etat sur l'ensemble de l'année".

 

"Ces évolutions saisonnières sont volatiles et préjugent peu du stock de dette en fin d'année", ajoutent-ils en relevant que les "conditions de marché ne permettent pas actuellement de procéder à des cessions d'actifs non stratégiques dans des conditions satisfaisantes, ce qui pèse que le ratio de dette brute par rapport aux années précédentes".

 

Par le passé, les gouvernements ont cédé des participations dans des entreprises afin de réduire la dette publique.

 

Les deux ministres rappellent toutefois qu'ils viennent de relever l'objectif de ratio dette/PIB à 66,7% pour fin 2008 (contre 65,3% prévu précédemment) afin de "tenir compte notamment du préfinancement dès cette année d'une partie du plan de relance" (26 milliards d'euros, ndlr).

 

LE PROGRAMME D'ÉMISSION DE DETTE 2008 DEPASSÉ

 

Le gouvernement a également financé une première étape du plan de renforcement des fonds propres des banques, en versant en décembre 11,5 milliards d'euros à la Société de prise de participations de l'Etat qui a pu ainsi acquérir des titres de dette super-subordonnée (équivalent à des fonds propres durs) émis par six banques françaises.

 

Le plan de relance de l'économie et le dispositif de sauvetage du système bancaire a eu un impact inédit sur le programme de financement à moyen et long termes de l'Etat qui a été révisé à la hausse pour la première fois depuis de nombreuses années.

 

Mardi, l'Agence France Trésor (AFT) a précisé qu'elle avait émis en 2008 132 milliards d'euros (brut) d'OAT (titres de long terme) et de BTAN (titres de moyen terme).

 

Les émissions nettes des rachats ont atteint 128,5 milliards d'euros, soit 12 milliards de plus que les 116,5 milliards d'euros annoncés initialement. Le nouveau montant intègre le versement des 11,5 milliards d'euros à la SPPE et des rachats de dette pour un montant global de 3,4 milliards d'euros.

 

Pour 2009, le programme de financement à moyen et long termes de l'Etat a été fixé à 145 milliards d'euros, ce qui représente une progression de 12,8% par rapport à 2008.

 

Ces émissions serviront à financer le déficit budgétaire de l'Etat qui s'est fortement creusé depuis la présentation du projet de loi de finances initiale (PLFI) en septembre. Il est ainsi porté de 52,1 milliards d'euros à 79,3 milliards d'euros.

 

Elles serviront également à rembourser 110,8 milliards de dette arrivant à maturité en 2009. Ce montant, initialement prévu à 111,6 milliards, a pu être un peu réduit grâce à des rachats de gré à gré de titres d'Etat d'échéance 2009 pour un montant de 2,3 milliards d'euros.

 

Le besoin de financement global de l'Etat pour 2009 s'élève à 191,7 milliards contre 141,7 milliards prévus dans le budget initial 2008 et 165,3 milliards d'euros dans le PLFI 2009.

 

Outre le programme d'émission de dette à moyen et long termes, il sera couvert par l'émission de bons du Trésor (BTF, titres de court terme) dont la variation nette de l'encours a été ramenée à +23 milliards d'euros contre 25 milliards en PLFI et +22,1 milliards prévus dans le budget 2008).

 

L'AFT indique qu'elle recevra 2,5 milliards d'euros de recettes de privatisation qui serviront à annuler des titres de dette par la Caisse de la dette publique (CDP).

 

Raoul Sachs, édité par Jacques Poznanski

 

....................................................................

(les Echos)

Catastrophes naturelles : 2008, année parmi "les plus dévastatrices"

[ 29/12/08  - 12H50 - AFP  ]

 

Les catastrophes naturelles ont tué plus de 220.000 personnes en 2008 et causé environ 200 milliards de dollars de dégâts matériels, indique lundi le numéro deux mondial de la réassurance, Munich Re.
Bien que le nombre de ces catastrophes ait reculé par rapport à l'an dernier (750 contre 960), l'année 2008 a été "l'une des plus dévastatrices" après les ouragans de 2005 et le tremblement de terre de Kobé en 1995, selon un bilan annuel du groupe allemand, dont les expertises dans le secteur des catastrophes naturelles font référence.
Une série de cyclones tropicaux et le séisme qui a secoué le sud-ouest de la Chine (Shichuan) en mai ont été particulièrement dévastateurs en termes de vies humaines et de pertes financières, souligne le rapport.
"La tendance à long-terme que nous observons se poursuit: le changement climatique a déjà commencé et contribue très probablement à une météo extrême de plus en plus fréquente et ainsi aux catastrophes naturelles qui s'en suivent", commente Torsten Jeworrek, membre du directoire de Munich Re, dans un communiqué.
Le monde a besoin "de règles efficaces et contraignantes sur les émissions de CO2 pour que le changement climatique soit freiné et que les futures générations n'aient pas à vivre de scénarios climatiques difficiles à contrôler", a-t-il ajouté.
En 2008, l'Asie a été à nouveau le continent frappé par les plus graves catastrophes naturelles.
Le cyclone Nargis, qui a dévasté le sud de la Birmanie début mai, a fait plus de 135.000 morts et le séisme dans la province chinoise du Shichuan (sud-ouest) a engendré les plus fortes pertes économiques (environ 85 milliards de dollars) en 2008, constate Munich Re.
"Ce tremblement de terre est jusqu'à présent celui qui a coûté le plus cher après celui de Kobé au Japon en 1995", estime le groupe.

 

 

 ...................................................................

(Le Monde)

Les urgentistes dénoncent la "surdité" et l'"irresponsabilité" du ministère de la santé

Une équipe du SAMU s'est rendue au domicile de cet homme de 56 ans vers minuit, et après lui avoir prodigué les premiers soins a cherché pour lui en vain auprès de 27 hôpitaux d'Ile-de-France une place dans un service de réanimation qui pourrait effectuer une coronarographie. "Par défaut, l'équipe l'a amené en stand-by aux urgences de l'hôpital de Longjumeau" (Essonne), qui dispose de matériel de réanimation mais n'était pas en mesure de pratiquer cet examen. Ce n'est que vers 6 heures qu'une place s'est libérée pour cette intervention à l'hôpital Lariboisière, à Paris, mais le patient est décédé au moment où il arrivait à cet établissement. Les urgentistes, en grève depuis le 1er décembre, dénoncent la situation de leurs services en France et s'alertent de la "surdité" et de l'"irresponsabilité" de la ministre de la santé.

Pour le secrétaire général du syndicat de l'AMUF, Bruno Fagganielli, de nombreux lits de réanimation ont été fermés pendant la période des fêtes, faute de personnel, "puisque les hôpitaux n'ont plus les moyens de prendre des remplaçants" des médecins et soignants en congé. Dans un communiqué diffusé dimanche soir, l'AMUF a assuré "qu'à 19 heures, tous les services d'urgence sont saturés et qu'il n'y a plus de place de réanimation en Ile-de-France". Une porte-parole de l'AP-HP a indiqué que dimanche à 16 heures, comme la veille à la même heure, cinq places de réanimation étaient disponibles en Ile-de-France, selon les données, rassemblées toutes les vingt-quatre heures, du Centre régional de veille et d'action sur les urgences.

Pour l'AMUF, présidée par le docteur Patrice Pelloux, "la sécurité des patients n'est plus assurée dans les hôpitaux en Ile-de-France pendant cette période de fêtes". Dans son communiqué, elle "demande aux plus hautes autorités de l'Etat de prendre immédiatement des mesures énergiques avant qu'une catastrophe sanitaire ne se produise", notamment "le déclenchement des plans blancs en Ile-de-France et le rappel des personnels".

"L'hôpital ne souffre pas (...) d'un manque de moyens généralisé alors même que notre pays a les dépenses de santé par tête d'habitant parmi les plus élevées du monde", a estimé de son côté Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP. Selon lui, "ce qui est en cause c'est le rapport coût/efficacité en particulier parce que, plus qu'ailleurs, les 35 heures chères à Martine Aubry ont fait des ravages !".

En prévision du plan pour l'hôpital qui doit être présenté par Roselyne Bachelot en 2009, les présidents de Comités consultatifs médicaux (CCM) des hôpitaux de l'Assistance publique -Hôpitaux de Paris avaient adressé, le 5 novembre, à la ministre de la santé une lettre ouverte intitulée "Sauver l'hôpital public". Ils dénonçaient des "restrictions budgétaires sans objectifs médicaux ni de santé publique clairement identifiés" et les "économies à très court terme et à tout prix", jugeant que la "qualité" et l'"accès aux soins pour tous" allaient "pâtir"  de cette réduction des dépenses.

....................................................................

(Rue 89)

Entretien

SDF : Legrand promet "dans 2 mois, des milliers de tentes"

"Michael Moore des SDF", le fondateur des Enfants de Don Quichotte dévoile pour Rue89 son plan d'action des mois à venir.

Deux ans après les tentes du Canal Saint-Martin, il faut s’attendre à voir revenir Augustin Legrand. Le leader des Enfants de Don Quichotte prévient: "Ce seront des dizaines de milliers de tentes" qu’il va disséminer à travers la France.

Comme chaque hiver, dès que les températures chutent, on revoit les ministres concernés monter au devant de la scène pour "rendre obligatoire l’hébergement des personnes sans abri" (Christine Boutin le 26 novembre) ou "multiplier les accueils (…) au départ peut-être contre leur volonté" (Michèle Alliot-Marie, ce vendredi).

Des idées qui vont à contre-courant de la "conférence de consensus", à laquelle Rue89 s'était associée l’an dernier et qui avait dégagé deux pistes principales pour sortir de cette approche du "tout-urgence": agir sur la prévention en amont, et sur le logement social en aval.

Deux ans après l’installation du campement des Enfants de Don Quichotte et un an après l’évacuation de ces derniers par les CRS au pied de Notre-Dame, le leader de l’association, Augustin Legrand prévient: "On a promis de revenir, on reviendra."

 

La promesse de Sarkozy


On arrive à l’échéance fixée par le candidat Sarkozy qui avait promis à l’hiver 2006 que "d’ici deux ans plus personne ne dormira dehors", et pourtant, 338 SDF seraint morts dans la rue en 2008.
La préfecture de police de Paris annonce 23 320 places d’hébergement pour les sans-abris en Ile-de-France (incluant urgence, stabilisation et insertion) auxquelles peuvent s’ajouter 1864 places en situation de vigilance et 3 196 en cas de crise grave. "Mais on n’est pas encore en situation de crise, qui correspond à un froid extrême", nous précise-t-on.

"On s’est fait rouler dans la farine"

Fin décembre 2007, un Collectif des associations unies rassemblant une trentaine de spécialistes du mal-logement a entamé un dialogue avec le gouvernement. De nombreuses réunions plus tard, le nombre de places d’hébergement d’urgence a atteint presque 100 000, le préfet Régnier a été nommé pour suivre ce dossier, mais les associations ont le sentiment que les promesses n'ont pas été tenues. Augustin Legrand confirme:

"On s’est fait rouler dans la farine. Il y a eu le rapport d'Etienne Pinte qui allait dans le bon sens et on sait qu’on a des soutiens, même à droite. Outre Pinte, des gens comme Philippe Séguin, Bruno Lemaire et tous ceux qui connaissent le dossier et savent que l'Etat gaspille de l’argent. Mais le gouvernement en reste à des mesurettes. Chaque hiver, on est toujours dans la même problématique: la gestion de crise, le gouvernement botte en touche."

Richard Robert, directeur des études à la Fondation Abbé Pierre, renchérit:

"Le projet de loi Boutin est à contre-courant, elle est dans la logique d’une France de propriétaires alors que c’est à mille lieux de la réalité de ce que peuvent se permettre les gens, le logement social est attaqué de toutes parts."

"Pas un mais des campements"

Tous les deux reviennent de deux mois de tour de France, où ils sont allés informer les mal-logés sur leurs nouveaux droits, le film des enfants de Don Quichotte à l’appui. (Voir la vidéo)

 

Fort de cette expérience, Augustin Legrand a retrouvé l’envie de crier sa révolte. Pour Rue89, il dévoile son projet:

"On va remonter un campement à l’issue de l’hiver. On évitera l’écueil de l’acte I, on ne fera pas un mais des campements. Pendant ces deux mois, on a maillé le territoire, on a demandé aux gens de s’inscrire sur notre site Internet."

Cette fois, il se prépare à "combattre pour engager un rapport de force" avec le gouvernement et à exiger bien plus que les 2,5 milliards proposés il y a un an. "Quand on voit que 26 milliards ont été débloqués pour le plan de relance, c’est réaliste." Il précise la forme de cette nouvelle action:

"On fera des campements virtuels en amont, c’est-à-dire que les gens vont s’inscrire sur notre site pour s’engager à venir camper. On s’installera partout à l’extérieur des villes, pour ne pas être dégagés par des CRS, on filmera tout ça, et on finira par une marche vers le centre des villes."

Il promet du spectaculaire, "car sinon je ne suis pas Augustin Legrand", et prévoit 2000 à 3000 tentes d’un coup dans chaque banlieue, qui donneront "des dizaines de milliers de tentes à la fin". "Je suis le Michael Moore des SDF", conclut-il.

 

....................................................................

(Courrier International)

GUINÉE CONAKRY •  Rien ne vaut un bon vieux coup d'Etat
Des militaires dirigés par Moussa Camara ont pris le pouvoir, le 22 décembre, après le décès du président Lansané. Une nouvelle illustration de l'échec des processus de démocratisation en Afrique.
Le capitaine Moussa Dadis Camara, Conakry, 27 décembre 2008
AFP
Une nouvelle ère s'annonce-t-elle en Guinée ? Pour sa première grande sortie publique, le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte guinéenne, s'est présenté en véritable messie, décidé à "balayer" la maison guinéenne. Les jeunes prétoriens n'entendent pas pour autant s'installer durablement aux commandes du pays. Mais sauront-ils tenir parole ? Avant eux, feu le général Robert Gueï [arrivé au pouvoir le 24 décembre 1999, il a été renversé par Laurent Gbagbo en octobre 2000] avait tenté l'expérience en Côte d'Ivoire avant de céder aux sirènes du pouvoir.

Les nouveaux dirigeants guinéens se sont eux-mêmes imposés deux ans d'exercice afin d'organiser des élections libres et transparentes et de se retirer du pouvoir. Mais la question se pose de savoir si l'ambition de moraliser les services publics pourra se réaliser avant la tenue effective de la consultation électorale. Aura-t-on vraiment le temps d'isoler le bon grain de l'ivraie avant de confier les rênes de l'Etat à un leadership plus clairvoyant ? Il est de notoriété publique que l'Etat guinéen est en faillite. Sa classe politique a depuis longtemps abdiqué. On comprend pourquoi le nouveau dirigeant a fustigé tous ceux qui ont profité des deniers publics, soulignant au passage qu'ils devront rendre gorge. Mais les deux ans de délai paraissent excessifs aux yeux de certains acteurs politiques guinéens.

Ceux-ci semblent pressés de tourner la page de la dictature après avoir enduré vingt-cinq ans de gestion du parti unique de feu le président Ahmed Sékou Touré et vingt-quatre ans de pouvoir autocratique du clan Conté. Mais combien d'entre eux sont-ils vraiment indemnes de tout soupçon ? Les formes de gouvernance paraissent avoir tant marqué la classe politique et la société civile que celles-ci n'ont même pas trouvé utile de condamner le coup de force. Même les anciens dirigeants n'ont pas eu le sursaut de dignité qui aurait permis de gêner la manœuvre des auteurs du coup d'Etat. Sans doute celui-ci était-il prévisible. Mais combien de Guinéens y croyaient-ils en vérité ? La vacance du pouvoir était réelle et les jeunes soldats n'ont eu qu'à le cueillir. Pour beaucoup en tout cas, le jeune capitaine semble "tombé du ciel", en cette fin d'année. Une grande majorité de Guinéens, surtout les millions de la diaspora, ne se gêneront pas pour fêter bruyamment ce changement de régime, qui porte les espoirs d'un peuple longtemps sevré de tout ou presque. Que fera-t-on de la Constitution, dont on se réclame, mais qu'en réalité personne ne veut jamais respecter, comme partout ailleurs en Afrique ? Et surtout quel avenir pour la classe politique ?

Après la Mauritanie, on semble donc s'acheminer vers une nouvelle forme de rupture du pouvoir, qui met mal à l'aise l'Union africaine (UA) et l'Union européenne (UE). La crédibilité de ces deux organisations se trouve chaque jour mise à rude épreuve puisqu'elles se contentent de défendre "la légalité constitutionnelle", de brandir des sanctions face aux auteurs de coups d'Etat. A aucun moment on ne les entend s'attaquer aux vraies causes des "épidémies politiques" qui rongent l'Afrique. Aux yeux de l'opinion africaine, leur silence face au tripatouillage des constitutions, à l'incurie des acteurs politiques et au bâillonnement des libertés les décrédibilise sans appel.

Il va de soi que de plus en plus d'Africains s'interrogent sur leurs décisions, qui confortent les pouvoirs établis et annihilent à terme les luttes des peuples. On l'a vu dans le cas de la Mauritanie et avec ce qui se passe à Conakry, il faut s'attendre à voir les masses africaines appuyer ouvertement les auteurs de coups d'Etat face à l'incurie de gouvernants sourds, aveugles et corrompus. Jour après jour, en dépit des protestations et des mesures punitives, les Africains voient ainsi se perpétuer les coups d'Etat qu'on voudrait pourtant révolus. C'est que le mal se trouve ailleurs. Et les remèdes bureaucratiques et démagogiques des instances internationales n'y peuvent rien.

Les sanctions et les professions de foi ont leurs limites. Il est temps de faire le point des expériences démocratiques menées sur le continent. Car force est de reconnaître que trop d'échecs ont été enregistrés ces dernières années dans les processus démocratiques. Il est aussi temps pour la communauté internationale de s'arrimer au destin des peuples et non à celui des dirigeants. La gestion de l'expérience démocratique pourrait être confiée à une structure internationale indépendante et crédible ; les Africains sont fatigués de leurs gouvernants qui ont chosifié la politique et travesti la démocratie. Il faut absolument créer un comité de sages africains.

Il pourrait être constitué, par exemple, de prix Nobel, de personnalités moralement crédibles, non coupables de crimes de sang et de crimes économiques, et retenues sur la base du consensus. Ce comité pourrait se porter garant des institutions républicaines devant la communauté internationale. Il devrait s'assurer que nul ne procédera au tripatouillage de la Loi fondamentale. Il ferait des recommandations aux instances internationales qui s'exécuteraient en conséquence. Comme dans les pays du Nord, le contribuable africain aspire à de profonds et réels changements. Et devant le refus de véritables alternances, il ne faut pas s'étonner de le voir applaudir un justicier qui lui promet des lendemains meilleurs

                                                                                                   Le Pays.